La Terre
Moi je rêvais d’une belle fête, la plus belle qu’on n’aurait jamais faite,
l’anniversaire mondial de la planète, et tout le monde serait invité.
Ça durerait peut-être des semaines, avant que tout le monde ne soit servi,
et personne ne se lèverait de table, avant que le dernier de nous n’ait ri.

Pas de chichi, ni d’étiquette, ni même de place assignée,
juste une belle assiette, en face de tous les invités.
Les Blancs, les Noirs, les Juifs et les Arabes, Chinois, Hindous, ceux du Mali,
Tout le monde assis à la même table, on ne parlerait même plus de pays.

On lèverait très haut nos verres, portant un toast en son honneur,
Tous réunis comme des vrais frères, on lui demanderait pardon.
Il y aurait à boire et à manger, pour tous les goûts, pour toutes les croyances,
Tout sur la table à partager, prêt à éveiller nos sens.

Levons nos verres, portons un toast à sa santé.
Souhaitons qu’il reste, qu’il reste des couleurs quand notre chance sera couchée.
Attendons-nous que ça s’écroule, comme un château livré à la mer,
pour arrêter toutes ces tortures et toutes ces sortes de guerres ?

A quoi bon faire de jolis discours, comme si on pouvait encore la faire rêver.
On n’aura même pas de recours, quand les dés seront jetés.
Nos dieux doivent bien se demander pourquoi ils ne font pas mieux
Que de buter tout le temps sur la même pierre en se bandant leurs propres yeux.

En espérant que cela change, on se rapproche de la fin.
Il restera à se souhaiter bonne chance si l’on ne sait pas faire autrement.

Encore un verre levé dans cette fête, encore un mot pour finir la chanson.
Cette chanson qui tourne dans ma tête, et qui me rend peut-être un peu moins con.
Encore un mot pour finir la chanson, encore un mot pour embrouiller vos têtes,
Comment tiendront toutes nos jolies prières quand il n’y aura plus rien sur cette Terre ?

Et moi je pleure, je pleure, et mes larmes nettoient mes plaies,
et je rigole, je rigole, je rigole, je rigole après.


Et si c’est l’homme qui retourne la terre, c’est la Terre qui nourrit ce bonhomme.
Pourquoi alors faire les choses à l’envers, pour en finir couché six pieds sous terre ?
Et si c’est l’homme qui retourne la terre, c’est la Terre qui nourrit ce bonhomme.
Pourquoi alors faire les choses à l’envers, pour en finir couché six pieds sous terre ?

Six pieds sous terre, on va finir six pieds sous terre, triste avenir, triste devenir.
Six pieds sous terre, je ne veux, je ne veux pas finir
six pieds sous terre, triste avenir, triste devenir.

Et moi je rêve, je rêve, je rêve à haute voix,
Oh moi je rêve, oh oui je rêve, je rêve et j’y crois.

Que si c’est l’homme qui retourne la terre, c’est la Terre qui nourrit ce bonhomme.
Pourquoi alors faire les choses à l’envers, pour en finir couché six pieds sous terre ?
Et si c’est l’homme qui retourne la terre, c’est la Terre qui nourrit ce bonhomme.
Pourquoi alors faire les choses à l’envers, pour en finir couché six pieds sous terre ?

Six pieds sous terre, on va finir six pieds sous terre, triste avenir, triste devenir.
Six pieds sous terre, je ne veux, je ne veux pas finir,
six pieds sous terre, on va finir…